Yohanna Fuchs
La Rondine - Puccini
Mise en scène Yohanna Fuchs

Note d'intention
Lorsqu’il compose La Rondine peu avant 1917, Puccini est arrivé au comble de sa maturité artistique. Son œuvre, d’une telle richesse musicale, questionne deux thèmes essentiels toujours aussi actuels : celui des apparences et celui de l’amour.
La structure même de l’opéra et la vivacité de ses dialogues, évoquent immédiatement un univers cinématographique. En effet,l’influence de l’invention du cinéma sur le courant vériste au théâtre et à l’opéra est considérable. De même que la révolution technique qui bouleverse la société de cette époque. Un rapport différent au public se cherche. On veut, par la caméra, capturer l’instant de vérité, être plus vrai, plus authentique. Ce qui a pour conséquence antagoniste d’encourager le monde des apparences. Ainsi les désirs et les ambitions qui gouvernent chaque personnage s’entrechoquent pour faire écho à nos propres désirs et à nos propres ambitions d’aujourd’hui. Le thème principal n’en demeure pas moins celui de l’amour. En en peignant ses différents aspects contradictoires, Puccini et Adami nous rappellent que cette question essentielle, telle une boucle sans fin, laisse apparaître en filigrane le thème de l’éternel retour, comme l’est le ballet perpétuel des hirondelles (Rondine en italien) revenant chaque saison au même point, d’une saison à l’autre, d’une génération à l’autre. En représentant La Rondine à Gattières, dans la région que Puccini avait lui-même choisie pour le 3ème acte, permet à l’œuvre de prendre une dimension toute particulière, nous reliant, par la vérité de la nature qui nous entoure, à ce qu’il y a de plus authentique et de plus humain en nous.
Opéra en 3 actes de Giacomo Puccini
Livret de Giuseppe Adami, d’après un texte allemand d’Alfred Willner et Heinz Reichert,
Création à l’Opéra de Monte-Carlo, le 27 mars 1917
Direction musicale : Alice Meragaglia
Mise en scène : Yohanna Fuchs
Magda : Chiara Polese (soprano)
Lisette : Emy Gazeilles (soprano)
Ruggero : Diego Godoy (ténor)
Prunier : Valentin Thill (ténor)
Rambaldo : Louis Morvan (basse)
Yvette/Georgette : Rachel Duckett (soprano)
Bianca/Gabrielle/La voix : Cécile Lo Bianco (soprano)
Suzy/Lolette : Noelia Ibáñez (mezzo – soprano)
Périchaud/ Un majordome : Pascal Terrien
Gobin : Victor Ferrer (stagiaire comédien du CRR de Nice)
Crébillon : Amin Chanta (stagiaire comédien du CRR de Nice)
Une serveuse : Nina Bousrez (stagiaire comédienne du CRR de Nice)
Orchestre Philharmonique de Nice
Choeur de l’Opéra de Nice
Chef de chant : Catherine Gamberoni
Hervé Papin (Régie générale), Bernard Barbero (lumière), Anne-Laure Chiron (Régie et Accessoires ), Chantal Guadalpi (coiffure), Sophie Kilian (Maquillage), Anaïs Gilloux (Habillage)




« Cette production intelligente et efficace transposant l’action dans le milieu des débuts du cinéma [...] favorise le jeu des illusions/désillusions au centre de la partition de Puccini. [...].
L’idée de la metteuse en scène franco-autrichienne Yohanna Fuchs de situer la trame non plus dans le monde frelaté des cocottes [...] mais dans celui des débuts du cinéma, est loin d’être saugrenue. [...]
C’est dans le premier acte que la « conversation en musique », qui sert de cadre au compositeur, permet à la metteuse en scène de développer au mieux son intention : en effet, vues à travers le prisme de la caméra [...] les apparences sont encore plus trompeuses et permettent de mettre en évidence les ambiguïtés de tout ce petit monde. [...] Alors que l’action avance vers son dénouement sur fond de Riviera française [...] il émane de ce spectacle un entêtant parfum de nostalgie et de tristesse : on est alors, pour notre plus grand bonheur, à mi-chemin de l’ambiance littéraire d’une nouvelle d’Edith Wharton et de F.S. Fitzgerald. »
« il faut enfin souligner comme il se doit, tout ce qu’apporte la mise en scène enjouée, juste, précise, sans le moindre temps mort et très cinématographique de Yohanna Fuchs [...]
[...]Dans ce lieu estival, sous l’aile d’un arbre immense, avec dans le lointain une maison campagnarde et à proximité l’église – dont le vitrail s’illuminera pour l’épilogue de l’œuvre [...] Le temps, le lieu, la nuit tombent soudainement dans le gouffre de l’oubli de nos inconscients pour ne laisser en vie que la lumière d’un instant, enveloppant les pierres et le ciel de nos âmes (ré)unifiées. »
« Une femme assure également la mise en scène, Yohanna Fuchs, exploitant au mieux l’espace dont elle dispose »
« Yohanna Fuchs faisait ses grands débuts de mise en scène lyrique, examen de passage réussi pour Yohanna qui délivre une lecture simple et enlevée de cette conversation musicale ou l’hirondelle, à défaut de ne pas faire le printemps fait pour une fois l’été »
https://cerclerichardwagner-rivedroite.com Yves Courmes


